Une vaste opération de gendarmerie menée en début de semaine dans le secteur de Condom a conduit à l'interpellation de plusieurs personnes, dont celle d'un trentenaire. Dans sa caravane, les gendarmes ont découverts 26 kilos de résine de cannabis. Le prévenu a reconnu les faits et a été condamné à trois ans de prison ferme.
« Ce n'est pas tous les jours qu'on saisit 26 kilos de résine de cannabis dans le Gers. », la substitut du procureure plante le décor de cet affaire de stupéfiants d'ampleur qui amène Jonathan* ce jeudi 2 avril, devant la barre du tribunal correctionnel d'Auch. Tout commence en début de semaine, lors d’une vaste opération de gendarmerie menée en Ténarèze. Près de 130 militaires, appuyés par un hélicoptère, interviennent sur plusieurs sites autour de Condom, notamment sur une aire d’accueil de la communauté des gens du voyage. À l’origine, les enquêteurs ciblent un dossier de vols de métaux en bande organisée.
Une importante quantité découverte grâce à un chien détecteur de stupéfiants
Mais sur place, un chien de la gendarmerie spécialisé dans la détection de stupéfiants marque l’arrêt devant une caravane. Le chien a eu du flair. À l’intérieur, les gendarmes y découvrent une importante quantité de résine de cannabis. Le propriétaire des lieux se signale rapidement et conduit les enquêteurs vers deux autres planques. Au total, 221 plaquettes sont saisies, soit près de 26 kilos.
Interpellé, ce père de famille reconnaît son implication. Il explique avoir tenu un rôle de « nourrice », chargé de « stocker, étiqueter et préparer les commandes », affirmant avoir agi « par besoin d’argent ». « J’ai caché ce que je faisais à mes proches, notamment à la mère de mes enfants », confie-t-il à l’audience. Il refuse en revanche de révéler l’identité de son fournisseur, évoquant « la peur de représailles ».
Un SUV, des appareils multimédia récemment achetées, son ex-compagne également à la barre
Son ex-compagne se retrouve également poursuivie, soupçonnée d’avoir bénéficié des revenus illicites pour acheter un nouveau véhicule, ainsi que diverses appareils multimédia. Elle conteste fermement, assurant avoir rompu en début d’année après avoir découvert des agissements suspects de son ex-compagnon. Elle indique à la barre, qu'elle pensait que l'argent ayant servi à ces achats provenait de l’activité de maraîcher de son ancien compagnon ou d’un héritage récent. Quasi inconnue de la justice, son avocat, Maitre Roseau, a plaidé la relaxe.
À la barre, le prévenu, déjà condamné à plusieurs reprises, reconnaît ses torts. « Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait. Je m’en veux énormément d’avoir impliqué mes proches », déclare-t-il, tête basse. Le parquet requiert trois ans de prison, dont deux ans ferme. Le tribunal se montre plus sévère : trois ans de prison ferme sont prononcés, assortis d’une amende de 6 000 euros. Son ex-compagne est condamnée à 210 heures de travail d’intérêt général, sous peine de six mois d’emprisonnement. Plusieurs biens ont également été confisqués, dont un SUV récemment acquis.
*Le prénom a été modifié
E.R