PSE à Latécoère: 88 postes menacés à Gimont

25 septembre 2020 - 15:17
L'annonce a fait l'effet d'une bombe ce matin. Dans un mail transmis aux salariés du groupe Latécoère, la direction générale de l'équipementier aéronautique spécialiste des aérostructures et des systèmes d'interconnexion, a annoncé la suppression de 475 postes au sein du groupe. Soit un tiers de ses effectifs en France. Le résultat, selon cette même direction, des conséquences économiques engendrées par la crise sanitaire. Le fournisseur fait en effet face à une chute de 40% de ses volumes de commandes. Des explications bien loin de convaincre Florent Costes, secrétaire du syndicat CGT à Latécoère. « Je condamne cette nouvelle avec la plus grande fermeté, on ne va pas regarder la direction mettre la moitié des effectifs de côté sans broncher ». Lui, comme d'autres délégués syndicaux, ont été convoqués ce matin à 9h30 pour annoncer la nouvelle. « En une demi-heure, c'était plié. Ils nous ont remis deux livres détaillant ce plan de sauvegarde de l'emploi avec un ensemble de documents préparatoires à la vraie réunion qui se tiendra mercredi 30 septembre ». Dans le court résumé de ce matin, la direction a annoncé en outre que l'antenne gersoise de Gimont, spécialisée dans l'aérostructure, n'échappera pas aux mesures drastiques annoncées par le groupe. « Dans la branche de l'aérostructure, 345 suppressions de postes sont prévues, reprend Florent Costes. Dans l'usine de Gimont, ce sont 88 postes qui sont menacés, donc plus d'un poste sur deux puisqu'elle en compte environ 150 personnes. C'est gigantesque. L'usine ne sera pas explicitement fermée, mais pour nous, elle est quasiment liquidée puisqu'il n'y aura plus de salariés à l'intérieur ». Si des reclassements pourraient être envisagés après négociations entre syndicats et direction, nul doute que c'est une nouvelle qui marque un tournant historique pour le bassin économique gersois.
 
Une intersyndicale en vue ?
Reste à savoir comment les syndicats comptent défendre la parole des salariés. La création d'une intersyndicale serait la « bienvenue » selon Florent Costes, mais les choses ont mal démarré. « Une intersyndicale serait bien évidemment nécessaire, mais on a découvert que FO et la CFE-CGC avaient convié les salariés en réunion d'information lundi, sans nous proposer d'y être. Ça commence mal ». Contactée par nos soins, la direction du groupe, n'a pas encore trouvé le temps de répondre à nos questions.
Au soutien
Sur les réseaux sociaux, le président du conseil départemental du Gers Philippe Martin, a tenu à réagir et apporter son soutien aux salariés du groupe. « Je pense aux salariés qui travaillent depuis 2003 sur le site de Gimont. Le département sera aux côtés de la région pour préserver les emplois dans cette commune qui fait partie du programme Territoires d’industrie  ».
N.M

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