Mirande : les enseignants du lycée Alain-Fournier annoncent une opération "occupation"

02 février 2021 - 06:00

Après le collège de l'Astarac la semaine dernière, c'est au lycée Alain-Fournier de Mirande que la dotation horaire globale fait polémique au sein du corps enseignant. Selon Dimitri Lahiton, professeur d'Anglais dans cet établissement de 200 élèves situé au cœur de la ruralité, le lycée risque à terme de perdre en attractivité au profit des structures dotées d'une plus grosse enveloppe. Aujourd'hui, c'est opération « lycée occupé ».

Pourquoi avoir décidé du blocage de l'établissement ce matin ?

C'est une décision qui est intervenue presque unanimement suite à une réunion la semaine dernière sur la dotation horaire globale. On a compris qu'on allait faire face à une baisse de 80 heures. On s'attendait à un recul dans la mesure où on perd une classe de terminale, ce qui équivalait à peu près à 40 heures. Mais là, c'est le double. Pour un établissement rural, c'est 20 % du service hebdomadaire et ça aurait des conséquences sur la répartition.

Qu'est-ce que vous propose le chef d'établissement ?

C'est au rabais, mais il ne peut pas faire autrement. On perd des heures dans l’accompagnement personnalisé et les collègues auront à effectuer des services à l’extérieur. On perd en capacité dans la création de groupes en science, pour faire des manipulations, et une spécialité aussi en musique qu'on ne pourra plus assurer.

Mirande est doublement touchée puisque les enseignants du collège de l'Astarac se mobilisaient aussi la semaine dernière.

C'est un problème comptable aussi pour eux, avec la suppression d'une classe de 3ème. Nous, les conséquences sont liées à la réforme, car elle modifie la manière dont sont organisés les enseignements. Le problème, c'est que dans nos lycées ruraux, on ne pourra plus proposer le même enseignement que dans d’autres structures qui ont de plus grosses enveloppes. Ici, on aura que les horaires plancher. On en est rendu à des affaires de cuisine interne.

Mostafa Fourar, le recteur de l'académie, était hier dans le Gers. Vous avez cherché à l'interpeller ?

On a demandé une audience pour le collège et le lycée de Mirande. Ils nous proposés la date du 12 février mais nous sommes en vacances donc il faut avancer une autre date. L'idée était de regrouper les actions du collège et du lycée pour faire part du mécontentement commun. C'est pour cette raison que nous convions les élèves ce mardi dans l'occupation du lycée, ils doivent prendre conscience des enjeux. Il en va de la survie des postes de certains collègues.

N.M

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