L'aéroport d'Auch, lieu d'expérimentation pour le prototype de Airseas

01 avril 2021 - 08:02
À l'aéroport d'Auch, certains volent de leurs propres ailes. Les infrastructures accueillent depuis le mois de février la société toulousaine Airseas, spécialisée dans la création d'ailes pour tracter des navires de commerce. À l'heure où l'écologie figure au centre des débats, l'entreprise cherche à réduire le régime moteur du navire et donc générer une économie de fuel. De l'envol au pliage, l'aile « Seawing » est 100% automatisée, jonchée de capteurs écartant toute intervention manuelle. Une prouesse technologique en accord avec les enjeux climatiques actuels, mais qui n'en est encore qu'à l'heure du prototype. La société tente d'expérimenter cet outil au maximum avant sa mise sur le marché, dans le courant de l'année. « L'objectif est de protéger l'environnement. Les navires sur lesquels nous déploierons cette aile feront la taille de 400 mètres environ » précise Luc Reinhard, chargé de la communication de l'entreprise Airseas, fondée en 2016. « L'aéroport d'Auch se prêtait parfaitement pour les essais. En mer, c'est très coûteux et on doit multiplier les tests pour s'assurer que les ailes sont bien robustes. Par souci de proximité aussi puisque nous sommes basés à Toulouse, et la météo d'Auch s'y prête bien, le vent est différent de celui de notre terrain de test ».
Deux contrats déjà actés
Force est de reconnaître que le prototype séduit, et même au-delà des frontières de l'Hexagone. La société a déjà signé deux contrats pour équiper les navires de l'aile Airseas. « Ce sont deux clients différents. Airbus dans un premier temps, parce qu'ils opèrent avec des navires pour transporter pièces d'avions depuis la France vers les Etats-Unis. Et le deuxième avec K Line, une entreprise japonaise groupe Kawasaki et qui détient une flotte de grands navires à cargaison. Ce dernier reste un contrat très conséquent pour le secteur maritime. Sur certains trajets, nous pourront réduire de 40% la consommation moyenne de carburant ». En chiffres, l'aile Airstreas pourra atteindre 200 mètres d'altitude en plein déploiement et pourra profiter de vents allant jusqu'à 75 km/h. Les navires tractés eux, pourront peser plus de 200 000 tonnes et mesurer jusqu'à 400 mètres de long. « Elle sera pilotée pas des lois de vols automatiques, un peu comme les avions. On utilise le principe du jumeau digital avec un réajustement de la position de l'aile dans le ciel jusqu'à 2 fois par seconde pour une utilisation optimale ». Si la mise en marché du produit final est prévue pour 2021 sur un navire de la société Airbus, l'entreprise toulousaine discute « beaucoup avec d'autres entreprises pour une collaboration à compter de 2022 ». Le système sera installé sur des navires de K Line dès l'an prochain. « Notre marché cible des navires de commerce, de transport de marchandises car la traversée est plus constante. Les navires de pêche sont plus souvent à l'arrêt ».
David Bidou, directeur de l'aéroport d'Auch
« Airseas avait besoin d'une piste bitumée pour tester cette aile novatrice. L'environnement ici y est dégagé, discret et favorable en terme de vent. Nous sommes tombés d'accord avec la société car la démarche s'inscrit dans nos activités de diversification que j'ai entrepris et nous avons d'autres sujets en cours. L'initiative s'engage aussi dans une démarche de développement durable dans laquelle l'aéroport s'est engagé. Nous avons la volonté de réduire notre emprunte carbone, c'est une volonté citoyenne avant d'être dirigeante ».
N.M

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