Rassemblement de policiers aujourd'hui devant l'Assemblée : certains viennent du commissariat d'Auch

19 mai 2021 - 08:43
C'est un ras-le-bol général que les policiers veulent faire entendre. Non-application des peines, montée de la délinquance, meurtres de fonctionnaires à Avignon et Rambouillet : les policiers sont à bout et entendent le faire savoir aujourd'hui en se rassemblant devant l'Assemblée nationale. Certains viendront du commissariat d'Auch dont Kevin Payet, secrétaire départemental Unité SGP-FO accompagné de son adjoint, Daniel Barbé, et de Laurent Lussan, secrétaire départemental du syndicat Alliance.
 
Ce sont les meurtres du policier Éric Masson à Avignon et l'agente administrative Stéphanie Monfermé au commissariat de Rambouillet en avril qui ont déclenché cette initiative ?
Ce rassemblement des policiers auquel nous convions la population est là pour dénoncer l'impact que peuvent avoir ces deux meurtres et les choses inadmissibles qui se trament autour de l'impunité de cas de délinquance. La coupe est clairement pleine aujourd'hui.
 
C'est une banalisation de la violence envers les policiers que vous dénoncez ?
Il y a un désengagement de l’État au profit de la voyoucratie. La réponse pénale devrait être forte et immédiate. Et tous ces actes de délinquance devraient être réprimés en temps et en heure, correctement. Ça aiderait les délinquants à réfléchir aux conséquences de leurs actes mais malheureusement ce n'est pas le cas.
 
La surpopulation carcérale et la récidive malgré le passage en prison sont des arguments souvent avancés pour justifier les condamnations avec sursis. Que répondez-vous à cela ?
Les prisons ont été vidées depuis le Covid donc l'argument ne tient pas. Et ce sentiment d'impunité qu'on peut avoir, c'est dangereux. Pour faire un parallèle, dès qu'un membre des forces de l'ordre fait une erreur, il se fait détruire par le système pénal. On va être mis en potence pour faire plaisir à l'opinion publique. Mais là où il faut vraiment taper, rien n'est fait.
 
Les réseaux sociaux sont souvent théâtre de la « violence des mots » envers les forces de l'ordre, de vidéos sorties de leur contexte. C'est un nouveau fléau avec lequel il faut composer ?
On doit vivre avec et dans le futur, ce sera partie intégrante de chaque corporation. Une libéralisation de la parole qui ne va pas toujours dans le bon sens, derrière son clavier on se sent fort.  Nous n'avons pas assez d’effectifs pour juger cette délinquance du net. On voit peu de monde être traduits en justice.
 
Comment la corporation police a interprété cette tribune des militaires dénonçant la montée de la délinquance dans notre société ?
Ce n'est pas une révélation, c'est un fait qui montre la réalité. Le gouvernement choisit d'accabler cette tribune pour éviter qu'on regarde la réalité. Militaires, policiers, gendarmes : peu importe la corporation, on est capables de dire que qu'il y a un délaissement de la sécurité. On va s'attaquer aux généraux plutôt que de prendre le problème à la racine. Dans certains quartiers, on ne peut plus entrer. La République ne s'applique pas partout et oui, il y a des zones de non-droits.
 
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, est attendu au rassemblement. Certains de votre corporation dénoncent une récupération politique. Il sera accepté ?
Je ne vois pas de récupération personnellement. Pour le moment il a plus acté que beaucoup d'autres pour notre corporation. Il est proche de ses troupes, il se déplace beaucoup. On lui aurait reproché s'il n'était pas venu. 
N.M
Laurent Lussan, secrétaire départemental du syndicat Alliance, est aussi au rendez-vous, pour faire entendre la colère des policiers gersois.
"Il faut arrêter que ces minorités violentes s'en prennent en toute impunité aux policiers, gendarmes, pompiers par des jets de projectile, des tirs de mortiers des guet-apens, des violences urbaines. Il faut vraiment qu'il y ait des sanctions appropriés, afin d'éviter que ce type de voyous imposent leurs propres règles. Les forces de l'ordre sont des protecteurs de notre institution, donc il faut les respecter. Et, pour cela, il faut que les lois soient appliqués correctement. Le code pénal est très bien fait, mais il faut sanctionner. Il faut cesser d'arrêter 3, 4, 10 fois la même personne et systématiquement le relacher pour qu'elle recommence une nouvelle fois sans impunité."
E.R

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