« Il y avait toujours des missiles qui tombaient à gauche à droite, les bombardements pleuvaient, les chars passaient à côté de nous. C’était terrible ». Le récit de Yulia Vlasenko fait froid dans le dos. Réfugiée dans le Gers depuis une semaine, la mère de famille est contente d’être en sécurité, en France, après ce qu’elle a vécu. « On avait deux appartements à Marioupol et deux semaines après le début des hostilités, ils étaient détruits. On a presque tout perdu ».
Condamnée à survivre dans une cave dans les semaines qui ont suivi le début de la guerre, elle se souvient de la difficulté des conditions de vie. « Les Russes ont commencé par couper l’eau puis le gaz. On a dû descendre dans une cave pour y vivre. Nous avons vécu deux semaines d’enfer. On devait remonter à la surface pour prendre de la neige et la faire fondre pour avoir à boire ou pour réchauffer la nourriture qui restait. Il fallait l’économiser pour tenir le plus longtemps possible ».
Yulia se souvient aussi d’un jeune père qui prenait d'énormes risques pour s’occuper de son bébé, âgé d’un mois. « Il allait chercher, dehors, sous les bombes, des couches ou de la nourriture pour son nouveau-né ».
Des convois comme seule issue
L’armée russe contrôle tout dans Marioupol ou du moins ce qu’il en reste. Selon Yulia, les convois humanitaires sont stoppés, les sorties et les entrées dans la ville interdites. Mais Yulia et sa fille Kseniia, ont réussi à échapper aux forces russes et se sont évadées de Marioupol pour rejoindre Vinnytsia, au centre de l’Ukraine.
L’ancien candidat aux législatives Christopher Soccio s’est chargé du rapatriement des deux ukrainiennes vers le Gers. « Nous avons affrété un bus pour faire des livraisons sur place et en retour ramener des réfugiés ».
Lors de ce premier convoi, 22 Ukrainiennes ont pu fuir l’Ukraine. Ce n’est pas le premier ni le dernier convoi. « Dans une dizaine de jours, nous allons, avec notre association, “Humanité Education Solidarité” délivrer du matériel de la croix-rouge directement à Lviv en Ukraine et au retour, nous allons ramener 80 réfugiés ukrainiens ».
Médecin de profession dans son pays, Yulia n’en a pas fini avec la science. Elle pourrait exercer prochainement dans le secteur de Fleurance. Kseniia commence l’apprentissage du Français pour reprendre au plus vite sa formation en pédiatrie. « Les enfants en moins d’une semaine étaient inscrits à l’école. Ils apprennent aussi rapidement à parler français ce qui facilite l’intégration. Une réfugiée qui est arrivée il y a quinze jours a signé un contrat de travail au domaine de Beaulieu pour travailler dans les cuisines » conclut Christopher.
M.G