Gers : "Enragées", les soignantes ne touchent que 40% de la prime Ségur

04 avril 2023 - 15:33

La dizaine de soignantes de l'Ehpad de Tour de l'âge d'or, une petite structure associative nichée en plein cœur de l'Armagnac, accusent le coup. Depuis 2020, elle ne perçoivent que 40% de la prime Ségur.

La saga des oubliés du Ségur de la santé n'est pas terminée. Les soignantes de l'Ehpad de la Tour de l'âge d'or, à Termes-d'Armagnac dans le nord du département, se battent depuis plus de deux ans pour obtenir la totalité de la prime Ségur, destinée à la revalorisation salariale du personnel médical après la crise sanitaire de la Covid-19. « Nous, on ne touche que 40 % de cette prime depuis septembre 2020, tempête Sonia Ducoussau, une aide médico-psychologique de l'établissement de santé. Elle est faite par notre employeur qui ne touche rien en retour d'après ses dires. Là, on en a marre. On est épuisées, fatiguées, et même enragées par la situation ».

Lettres aux députés, ministres, et plus récemment au chef de l’État. Malgré les recours désespérés pour tenter de faire évoluer la situation, le personnel de l'Ehpad reste dans le flou. « C'est un peu David face à Goliath et on sait que l'administratif ça dure toujours longtemps en France. Je pense qu'on ne tient pas trop cas de nous parce qu'on a que 16 résidents et 10 salariés. On se dit qu'on ne va pas faire de bruit. Et bien si ! On me doit la somme de 2 500 euros, le montant dépasse même les 3 500€ pour certaines d'entre nous ».

Dans un mail reçu récemment par l'Agence Régionale de Santé, Sonia Ducoussau a appris que l'attribution de la prime Ségur relevait finalement la compétence du conseil départemental du Gers. Contactée par la rédaction, la collectivité dit vouloir « prendre attache ».

Réaction du conseil départemental du Gers

Le Département a été saisi par une équipe d’aide soignante de l’établissement « La Tour de l’âge d’or » à Termes-d’Armagnac dans le cadre du versement de la prime Ségur. Après vérification, la situation de ces établissements dits PUV (Petites Unités de Vie) semble effectivement manquer de cadre juridique strict, en ce qui concerne cette revalorisation salariale. Le Conseil départemental va ainsi prendre attache, en lien avec l’ARS, avec la direction de cet établissement afin d’éclaircir ce dossier et répondre à la sollicitation de cette équipe d’aide soignante. Le Président du Département rappelle que la législation de cette prime Ségur reste aujourd’hui hasardeuse et doit être revue au plus vite pour permettre un meilleur éclaircissement pour la prise en charge de ces dossiers.

N.M

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