Le "petit" rugby gersois conte sa grande histoire aux archives départementales

13 octobre 2023 - 12:50
Au milieu du tumulte de la Coupe du Monde, le Gers et ses « quatre Mousquetaires » (sans oublier les entraineurs, Pierre-Henry Broncan, Karim Ghezal, ou les joueurs d'autres sélections) ne pouvait pas passer à côté de l'occasion de mettre en avant l'Ovalie, son Ovalie. C'est chose faite grâce aux Archives Départementales, qui propose jusqu'au 26 janvier 2024 l'exposition « du Coq à l'Âme », lancée hier. Rencontre avec Pascal Geneste, intarissable Directeur des Archives, mais avant tout passionné de balle ovale.
 
 
Que pourront découvrir les visiteurs de cette exposition – gratuite – , « du Coq à l'Âme » ?
« On voulait proposer aux Gersoises et aux Gersois une synthèse, pour la première fois, de ce qu'a été l'histoire du rugby gersois ».
 
 
 
Combien de pièces d'archives garnissent une telle exposition ?
La Grande Collecte nous a permis de rassembler une centaine d'ensembles documentaires divers et variés (soit plusieurs milliers de documents), provenant d'anciens joueurs, dirigeants, clubs gersois, de l'ensemble du territoire. Il n'y a pas une zone géographique qui n'ait pas été touchée par cette collecte. Ensuite le travail réalisé dans le cadre d'une exposition c'est de faire une sélection de cette masse accumulée puis d'essayer de définir un discours, un dialogue, qui permet de raconter cette histoire. On a essayé de le faire en deux parties, une première chronologique qui raconte vraiment l'histoire du rugby dans le Gers depuis ses origines en 1897 jusqu'à la mort de Jacques Fouroux en 2005, et une deuxième thématique puisque le rugby est indisociable depuis cent ans de la société gersoise. On évoque les femmes et le rugby, les arbitres, les clubs, les bénévoles, les stades, des thématiques qui permettront à chacun de s'y retrouver. Notre idée c'est aussi d'instaurer un dialogue intergénérationnel entre les Gersois, qu'un grand-père qui a joué dans les années 50-60 puisse raconter à ses petits-enfants ce qu'il a vécu et exprimer son ressenti sur l'évolution du rugby telle qu'il la perçoit.
 
Vous parlez des enfants, on a parfois l'impression que malgré une information toujours plus accessible, la majorité de la jeunesse ignore son passé, ses figures, même en rugby.
 « Les Archives Départementales sont la maison de la mémoire et de l'histoire du Gers. L'idée c'est de montrer aux jeunes qui étaient les noms qui s'affichent aujourd'hui au fronton des stades ».
 
 
En plus de l'exposition à proprement parler, ce travail d'archivage va permettre l'organisation d'évènements plus ponctuels.
 
 
Autour de l'exposition et de l'ouvrage nous proposons un cycle d'animations, assez exceptionnel me semble-t-il. Dès ce soir (hier) à Ciné 32 où l'on présente un film restauré récemment par le CNC, qui s'appelle La Grande Passion, un des premiers films, il date de 1928, autour et sur le rugby. Le deuxième événement, le 7 novembre avec deux ethnologues qui ont travaillé sur la culture rugby et qui viendront nous en parler. Deux évènements mettront en avant les internationaux, le 22 novembre, une après-midi consacrée qui se conclura par une conférence de Richard Escot, journaliste à L'Equipe et auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur les équipes de France de rugby (la présence des – peut-être – futurs champions du Monde est espérée). Et surtout le 1er décembre à Ciné 32 avec une soirée documentaire en hommage à Jacques Fouroux, considéré par beaucoup comme le joueur gersois le plus emblématique du XXè siècle. Seront associés à ce documentaire de nombreux joueurs, coéquipiers ou entrainés par Jacques Fouroux. Puis en janvier des lectures d'archives, notamment celles des mémoires d'un autre international emblématique du Gers un peu oublié, Marcel Laurent, qui a joué dans les années 30 avant une carrière tout à fait brillante à la Fédération Française et en tant que président du comité Armagnac-Bigorre pendant plus de vingt ans.
 
 
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Parmi les pièces à découvrir aux Archives Départementales, une paire de crampons centenaire, les premières cartes de licence gersoises (ci-dessus), mais aussi les effets personnels du plus gersois des Lotois, du plus partisan mais iconique des commentateurs sportifs, Roger Couderc (ci-dessous). Plusieurs maillots et shorts de joueurs du XV de France sont exposés, dont celui d'une des premières internationales de l'Histoire (du rugby gersois et mondial), Odette Desprats (en une), qui n'a ironiquement jamais reçu la carte d'internationale que lui octroyait sa participation au fameux Pays-Bas - France d'Utrecht 1982. L'élu départemental aux sports, Camille Bonne, a annoncé une demande officielle auprès de la F.F.R. pour réparer l'incongruité. 
 
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V.M
 

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